Une histoire pour rien...CHAPITRE 1
Ne me dites pas que vos cauchemars ne vous ont jamais fait peur quand vous étiez enfants, je ne vous croirai pas. C'est enfant que nous rêvons le plus, notre imagination dépasse tout le reste. On s'imagine être face à un monstre alors qu'il ne s'agit que d'un arbre avec une forme rapprochée de celle dont on croit. On a peur du noir quand notre lit est face à un placard où on imagine une sorcière qui y est enfermée ne pouvant supporter que l'obscurité et mangeant les enfants. La seule chose dont on est certain étant enfant, c'est que la vie est parfaite et qu'il y aura toujours notre mère qui sera là pour nous protéger. Ca a été mon cas, au début. Je me sentais en sécurité. Ma famille était là pour moi, elle comptait : ma mère, mon père et moi, seulement. Nous passions énormément de temps ensembles, mais mon père avait trouvé un nouveau travail très important. Il était donc très occupé. Ma mère, elle ne travaillait pas. Elle restait dans notre petit appartement en pleine ville pour s'occuper des tâches ménagères et prendre soin de moi. J'allais à l'école au coin de la rue, seule, comme dans mon habitude tous les matins. Seulement, ce matin là, je me souviens que ma mère m'avait retenue chez moi, je ne sais pas pour quelle raison, elle ne voulait pas que j'aille à l'école. C'était le jour de mon 7ème anniversaire. La journée chez moi fut très longue, je m'ennuyais et demandais sans arrêt à ma mère pourquoi elle m'avait retenue sans avoir de réponse en retour. Elle était très distante. Sans cesse elle regardait par la fenêtre, puis se tournait vers moi avec un regard inquiet en mettant ses mains sur mon visage et me disant d'aller me cacher dans ma chambre, que c'était un jeu, qu'il ne fallait pas qu'on me trouve.
Ce « on » me déplaisait, je ne savais pas que nous allions jouer a plusieurs, ce n'était déjà pas l'habitude de ma mère que de jouer a cela. Mais l'idée me plaisait, j'étais allée monter les escaliers en bois abîmé en direction de ma chambre quand je me suis dit en voyant la trappe du grenier, que l'on m'y trouverait moins facilement. J'étais arrivée à ouvrir la trappe avec difficulté, et y étais passée pour la refermer de nouveau. Je me retrouvais à présent dans l'obscurité absolue, et commençais à paniquer un peu, mais quelque chose avait détourné mon intention... J'entendis des coups au rez-de-chaussée. Surement quelqu'un qui avait frappé à la porte d'entrée. Alors que les coups étaient de plus en plus fréquents, je n'entendais pas ma mère ouvrir la porte pour autant. Puis d'un coup un énorme bruit avait succédé les petits coups, comme si quelqu'un avait frappé violement un mur. J'entendis alors une voix de femme crier quelque chose que je n'arrivais pas à déchiffrer de là où j'étais. Cette voix était celle de ma mère, en panique. Puis d'un coup, un silence angoissant s'était installé dans la maison. Pour ensuite laisser place au bruit des escaliers qui grinçaient. Du grenier, j'étais étroitement collée à la trappe fermée, et j'entendais des pas. Il y en avait plusieurs, surement ceux de ma tendre mère et de la personne avec qui on devait jouer. Le jeu avait commencé.
Seulement, j'entendais des chuchotements, ils ne venaient pas de ma mère... Pour m'en assurer j'avais regardé par un petit trou de la trappe et avais distingué trois silhouettes d'hommes se dirigeant vers ma chambre... Je ne les connaissais pas, et commençais à craindre le jeu qui venait de commencer.
Marion.